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Japon- Un message spécial de la part de Sharon Gannon

31 Mar

L’apocalypse — La crise globale                                                  Mars 2011

 

Nous sommes de tout cœur avec nos amis japonais dans la tourmente qu’ils affrontent en ce moment même.  De nombreux étudiants de par le monde m’ont écrit en me disant qu’ils dédiaient leur pratique au peuple japonais et me demandant si leurs prières étaient suffisantes.

Au départ, je comptais m’adresser à mes étudiants japonais dans un message de sympathie tout particulier à leur intention. Mais, au fur et à mesure que je rassemblais mes idées, j’ai réalisé que le tremblement de terre, le tsunami ainsi que les dégâts occasionnés par les centrales nucléaires affectaient le monde entier et qu’il était probable que des incidents similaires se produisent en bien d’autres lieux en dehors du Japon (nous sommes une petite communauté, globale et interconnectée). Bien que nous soyons nombreux à vivre sur des îles comme le Japon ou la ville de New York, nul n’est isolé, aussi ai-je pensé que mon message se devait d’être plus global.

Pour ce qui est de l’efficacité des prières, bien entendu que prier est toujours une bonne chose, et pour ceux qui le peuvent, des dons et des actions bénévoles peuvent également être utiles. Rappelez vous toutefois qu’en tant que yogis, ce à quoi nous aspirons c’est de réaliser l’unité du Vivant.  Les défis auxquels font face tous les êtres vivants au Japon, les défis auxquels la Terre elle-même fait face, sont les nôtres et nous nous devons d’y répondre avec compassion.

Mais en même temps, en tant que communauté saisissons l’occasion pour examiner les choses plus en profondeur. Essayons de comprendre ce qui s’est passé et pourquoi, et comment faire à l’avenir pour éviter de telles souffrances. Bien que la prière et d’autres réactions directes à des événements aussi dramatiques puissent s’avérer utiles, elles peuvent servir d’alibi pour nier notre responsabilité individuelle et être un bon moyen pour éluder les vrais problèmes. Et cela n’est d’aucune aide. L’heure est venue pour nous, en tant qu’êtres humains, de remettre en question notre mode de vie et de cesser de le défendre au mépris des lois de la Nature pour des intérêts économiques à court terme. Nombreux sommes-nous à nous être installés dans un mode de vie qui n’essaie en rien de s’harmoniser avec les lois de Dame Nature. Nous agissons sans la moindre considération pour la façon dont nos actions peuvent, à plus ou moins court terme, affecter la qualité de vie sur notre planète (celle des animaux, celle du sol, de l’eau et de l’air). Par exemple, en abattant des forêts pour construire des centres commerciaux, des pistes d’atterrissage et des complexes immobiliers, en utilisant des matériaux de construction dangereux pour la santé ; en construisant des centrales nucléaires sachant pertinemment les risques que cela implique ; en investissant sciemment dans les forages d’hydrocarbures qui polluent l’air, le sol et l’air tout en mettant en péril la vie des animaux ;  en nous servant de nos fleuves, lacs et océans comme des décharges sauvages de déchets toxiques. Saviez-vous que sur le milliard de sacs en plastique consommés mondialement chaque année (et nécessitant pour leur fabrication des millions de barils de pétrole), plusieurs millions finissent dans les océans où ils tuent ou mutilent la vie sous-marine ?

Tenons-nous à ce point à notre mode de vie? Au point de nous opposer sans cesse à la Terre et suite à un tremblement de terre ou une inondation, demander à Dieu de nous donner le pouvoir de reconstruire afin de rouvrir nos magasins et reprendre le cours des affaires le plus rapidement possible ? Tout fiche en l’air pour appeler au secours le Dieu tout puissant est lamentable. Implorer Dieu de nous aider à défendre notre mode de vie et lutter contre un tremblement de terre ou un tsunami comme si la Terre et les océans étaient des ennemis qui auraient sauvagement attaqué des victimes innocentes montre l’ampleur de notre déconnexion avec Dame Nature. Implorer Dieu de nous donner la force de lutter contre la Terre, c’est ignorer notre place dans l’ordre des choses. Si nous devions faire appel à un sauveur, ne devrait-il pas être l’ami de la Terre ? Nous les humains, n’avons pas été bien amicaux avec la Terre. Nous avons mené notre vie comme si la Terre nous appartenait. C’est d’ailleurs en termes de ressources disponibles à notre exploitation que nous parlons d’Elle. Nous n’avons pas, ou si peu, essayé de vivre en harmonie avec la Terre ; bien au contraire, depuis 10’000 ans voire plus, nous sommes en guerre contre Mère Nature.

Il se pourrait  que les catastrophes naturelles qui s’abattent sur notre monde aujourd’hui, soient la riposte de Dame Nature. Croyons-nous sincèrement qu’elle est passive au point de nous laisser silencieusement continuer à la violenter, l’exploiter jusqu’à la dernière goutte ? Après tout, Elle est un organisme vivant doté d’un système intégré lui permettant de maintenir l’homéostasie, et il est certain qu’elle mettra tout en œuvre pour rétablir l’équilibre en son sein. Tremblements de terre et tsunamis ne sont pas des phénomènes naturels venant de nulle part. En tant qu’êtres humains, notre plus grande erreur a toujours été de nous percevoir comme extérieurs à la Nature, comme des éléments à part ne faisant pas partie intégrante de la Terre. Nous construisons des villes surpeuplées sur des lignes de failles ou en bordure des deltas des fleuves, dévoilant ainsi une vulnérabilité qui prend source dans cette vision surfaite de nous-mêmes comme étant supérieurs et au-dessus des simples forces de la nature. Nous construisons des centrales nucléaires même dans des régions qui ont déjà été, par le passé, frappées par les affres de l’irradiation nucléaire. Tant que le nucléaire constituera une source d’énergie peu coûteuse dans l’immédiat, nous ferons mine d’ignorer les risques encourus (qui se préoccupe d’une éventuelle contamination future ?). Nous avions cru que nous pouvions nous retrancher dans une bulle (une création personnelle sous la forme de gratte-ciel climatisés et/ou de somptueux bâtiments sécurisés). A l’intérieur, dans l’intimité et la sécurité de nos foyers, nous pourrions à loisir regarder la télévision ou surfer sur le net avec les téléphones mobiles à accès illimité.

Nous nous sommes persuadés que la façon dont nous traitons la Terre, les animaux et les autres humains, ne devrait pas nécessairement nous affecter. Or, la vérité c’est qu’à chaque fois que nous empoisonnons l’eau, nous nous empoisonnons ; quand nous diffusons des substances chimiques dans l’atmosphère, nous nous empoisonnons. Chaque lopin de terre cultivé et aspergé de pesticides et d’herbicides est une atteinte portée à tous. Il en est de même pour chaque fleuve, lac ou océan transformé en décharge sauvage. Ainsi en est-il également de chaque animal ou chaque plante génétiquement modifié. Chaque animal enchainé et enfermé dans une ferme avant d’être achevé dans un de ces abattoirs dégoulinants de sang est une atteinte portée à tous. Chaque oiseau migrateur empoisonné tombant du ciel est une atteinte portée à tous. Les forages pétroliers, l’extraction des gaz naturels par fracturation hydraulique et les centrales nucléaires sont une atteinte portée à tous. Nous sommes tous des Terriens (notre sort est inextricablement lié à l’ensemble de tout le Vivant)

Nous, les êtres humains, sommes à l’origine de la crise écologique que nous traversons en ce moment. L’exploitation des animaux et la consommation des ressources de la planète sont les principales causes de cette crise. La plupart des gens ne se rendent même pas compte de la destruction dont nous sommes responsables, et ceux parmi nous qui en ont une petite idée ne savent pas quoi faire.

Pourquoi est-ce que ces catastrophes se produisent maintenant ? La réponse la plus simple consisterait à dire que c’est l’avarice humaine. L’avarice n’est pas l’apanage des riches. Riches et pauvres peuvent se trouver complètement mus par l’avarice. Aujourd’hui, la plupart des humains qui se considèrent comme pauvres souhaitent devenir riches (en clair, ils souhaiteraient avoir l’argent qui leur permettrait d’acheter tout ce qu’ils souhaitent). Quand les gens parlent des droits humains, ils font souvent référence au droit de dépenser de l’argent (la capacité d’asservir et de manger les animaux ainsi que celle d’exploiter les ressources naturelles). Le plus vous avez d’argent, le mieux vous êtes traité. Les gens qui ont moins ou peu d’argent sont maltraités par les autres. Bien entendu dans notre culture, les animaux (qui n’ont pas d’argent) sont les plus maltraités. Ils sont, soit asservis sous la forme de bêtes domestiquées au service de l’appareil productif, soit rapidement exterminés lorsqu’ils résistent et persistent à vivre en liberté.

La population humaine atteint maintenant 7 milliards. Il y a pourtant de nombreux Américains et autres citoyens vivant dans les pays riches qui projettent d’avoir des enfants, justifiant leur choix en disant qu’ils ont les moyens/l’argent d’élever ces enfants. La bonne question serait la suivante «  mais la planète en a-t-elle les moyens ? Peut-elle le supporter ? ». Tout au long de sa vie, un bébé né au Etats-Unis consommera 20 fois plus de ressources naturelles qu’un enfant né en Inde ou en Afrique. Deux pourcent de la population mondiale détient plus de la moitié de la fortune mondiale. Si vous observez une mappemonde, vous constaterez que les populations ayant les plus hauts revenus vivent le long des côtes américaines, européennes, à Hong-Kong, au Japon, en Australie et dans quelques carrés isolés en Arabie Saoudite.

Droits et injustices vont toujours de pair. Et au-delà de cela, il y a quelques vérités incontournables.  Derrière la plupart de nos actions, le plus souvent c’est la « loi du plus fort » qui prévaut. Ne croyez surtout pas que les Républicains qui gagnent beaucoup d’argent soient les seuls à défendre ce leitmotiv. Toute personne qui pense que le simple fait d’avoir l’argent pour se payer quelque chose est un passe-droit pour en faire ce qu’il veut, est mue par la loi du plus fort. C’est ainsi que les lumières restent allumées dans des maisons et des appartements vides. C’est ainsi également que les gens tirent la chasse d’eau à tout va. De la même façon, celui qui a de l’argent peut aller au restaurant ou à l’épicerie se payer un morceau de viande ou un poisson entier. Par conséquent, celui qui a de l’argent peut obtenir à peu près tout ce qu’il désire, peu importent les ramifications morales ou éthiques sur les autres animaux ou sur l’environnement. Et ce droit là, il est hors de question de le remettre en question.

Ce qui se produit en ce moment au Japon pourrait arriver partout. Eh oui, cela peut arriver à tout le monde et la probabilité qu’un événement similaire arrive aux gens vivant le long des côtes et autour des centrales nucléaires frise la certitude. En ce moment même, des choses absolument atroces arrivent des milliards d’animaux dans les fermes d’élevage et dans les laboratoires de recherche. Le même sort terrible est réservé à des milliards de Terriens comme nous qui vivent dans les océans et qui sont en train d’être rapidement empoisonnés.  Face au tremblement de terre et au tsunami au Japon, la réaction la plus significative serait que chacun de nous examine sérieusement son mode de vie et se demande comment réduire sa consommation.

Pourrions-nous nous réveiller de notre ignorance et nous défaire de nos addictions au confort,  à la consommation effrénée, aux divertissements et à notre droit d’acheter des choses ? Ou est-ce déjà trop tard ? J’ignore s’il est trop tard mais quelle est l’alternative ? Devrions-nous tous rester dans cet aveuglement béat parce qu’il est trop désagréable de regarder en face la réalité ? Avons-nous été trop loin pour inverser le processus ? Bien, si vous êtes résignés à cette vision pessimiste alors pourquoi ne pas faire sauter toutes les limites et vous laisser sombrer dans la pagaille la plus complète, boire du champagne, manger des steaks et du homard, ou plus probablement,  continuer à vivre au quotidien comme si de rien n’était ?

Toutefois, si ce scenario heurte votre sensibilité, d’autres options existent. Non seulement ces options requièrent un changement radical de mode de vie mais surtout elles demandent une vision plus large de vous-mêmes. Et ça, ce n’est peut-être pas pour tout le monde. Par les temps qui courent, vivre comme un optimiste intelligent nous demande de trouver des moyens pour simplifier nos vies en commençant par arrêter de penser que « vivre plus simplement » c’est vivre dans la privation. Nous devons éradiquer cette conception qui réduit les droits de l’homme au droit d’acheter des choses. Pour susciter de l’optimisme chacun de nous doit questionner les principes fondamentaux de sa vie.  Qu’est-ce qui motive nos actions, nos relations, quels sont nos rêves et nos aspirations ? Il est absolument certain que chacun de nous constitue une portion certes petite mais significative d’un vaste écosystème fragile. Nous pouvons courageusement choisir de nous considérer comme faisant partie de ce grand tout et agir en conséquence. De nos jours, l’acte le plus courageux qu’un individu puisse faire c’est de se préoccuper du bonheur et du bien-être des autres, et d’élargir cette vision des autres en incluant tous les autres (les autres animaux et tout l’environnement inclus),  en optant pour un mode de vie qui favorise le bien-être des autres. Vivre sa vie de façon à élargir notre propre perception de nous-mêmes, de façon à avoir cette vision suffisamment large pour lutter en faveur de l’amélioration de l’état de la planète, c’est véritablement évoluer vers une vie pleine de sens. Quand un individu peut réduire son propre égo et se percevoir comme faisant partie d’un grand tout alors il commence à entrevoir son potentiel de sainteté. Dans ces conditions, il est impossible de considérer ce qui se passe au Japon comme un événement isolé de notre propre vie. Tôt ou tard, ce qui se produit en ce moment au Japon va vraisemblablement se répandre au reste du monde. Nous sommes tous sur la même barque.

Et comme dans la chanson de Michael Franti «  Tout le monde est accro à la même nicotine, au même gasoil, au même écran couleur, et tout le monde veut s’agripper au même bout de vert... » La véritable question à se poser est la suivante : pouvons-nous nous libérer de nos addictions ? L’addiction à toutes ces choses qui constituent notre précieux mode de vie, un mode de vie qui met en danger l’avenir de la Terre ? Pouvons-nous nous passer des centres commerciaux, des voitures, des avions, des centrales nucléaires, des forages pétroliers, des fast food et des fermes d’élevage ? Avons-nous le courage et la créativité de trouver un autre mode qui ne détruit pas la planète et nous-mêmes ce faisant ? Pourrons-nous vivre ainsi mis à nu ? Serons-nous sincères ? Les temps que nous vivons sont peut-être ceux qui ont été prédits comme l’Apocalypse. Apocalypse veut dire « à découvert ». Une apocalypse est peut-être finalement ce dont nous avons à présent besoin pour nous aider à révéler notre énorme potentiel (qui se cache sous les artifices, les pièges et les faux-semblants qui nous font croire que nous sommes extérieurs à la nature et que c’est un privilège). Puissions-nous nous servir des récentes prétendues catastrophes pour sortir de notre léthargie et examiner notre mode de vie. Et à partir de là, commencer à faire le tri pour ne garder que l’essentiel, et être suffisamment courageux pour laisser tomber le superflu auquel nous avons été conditionnés à nous identifier. Sommes-nous prêts pour cet éveil profond à notre vraie nature ? Serions-nous capables de nous reconnaître nus sans les signes extérieurs propres à notre culture qui nous sont si familiers ? Sans l’addiction à cette consommation effrénée ? Peut-être que si nous essayions de surmonter notre avarice, nous découvririons notre ultime destinée. Ainsi que le suggère Pantajali, celui qui se désintéresse de l’acquisition de biens inutiles connaît la signification de la vie aparigraha-sthairye janma-kathamta-sambodhah PYSII.39

La vérité éternelle qui brûle dans chaque âme c’est la joie, le bonheur, l’amour. Cela est notre profonde nature,  c’est ce à quoi nous aspirons tous, c’est notre destinée. Il est possible que nous ayons cherché ce bonheur au travers de choses extérieures mais il ne se trouve pas dans ces choses. Ce bonheur a toujours été accessible à quiconque souhaite regarder en lui plus profondément. Pour en être capable, il nous faudra nous défaire de nos vêtements et laisse tomber tout ce qui a pu faire écran à notre vraie nature depuis si longtemps.  Nous allons devoir nous plonger dans l’Apocalypse.

Au peuple du Japon, êtres humains et animaux, j’envoie mes bénédictions et élève mes prières. Puisse la souffrance des êtres vivants partout dans le monde être soulagée…

 

Sharon Gannon

 

Special message about the Japanese tragedy – Sharon Gannon

26 Mar

Apocalypse—the Global Crisis March 2011

We are sorry for all of our Japanese friends and the challenges they are facing right now. Many students from all over the world have written to me to say they are dedicating their classes to the Japanese people and ask if sending prayers to Japan is enough. Initially I thought of responding to the needs of my Japanese students with a compassionate message especially for them, but as I was putting it together, I realized that the earthquake, tsunami and subsequent damage to the nuclear plants are affecting people all over the world now and incidents like this are almost certain to happen in the future in many places outside of Japan—we are a small, interconnected global community. While many of us live on islands like Japan and New York City, no one of us is an island and so I feel my message must be more generalized.

In regards to the effectiveness of prayer, of course prayers are always good, and for those who are able, donations or volunteering can also be good. Remember that as yogis we are striving to realize the oneness of being. The challenges facing all living beings in Japan, as well as the Earth Herself, are our challenges, and we must respond to them with compassion.

But at the same time, let us as a community take this opportunity to look deeper—to try to understand what has already happened and why and to consider how future suffering can be avoided. While prayer and other direct responses to devastating events can be helpful, they can also be used to deny our own responsibility and as a means to skirt the real issues, and that does not help.  It is time that we as human beings question our lifestyle and stop defending it as if we have a right to disregard the laws of Nature over immediate economic gain. Many of us have been accustomed to living in such a way that does not attempt to harmonize with the wild ways of Nature. We act without consideration for how our actions would affect the essential quality of life on Earth (for all animals, plants, soil, water and air) in the near or distant future. For instance: cutting down forests to build shopping malls, airstrips and housing developments; using building materials that are hazardous to life; building nuclear power plants, knowing the dangerous risks involved; knowingly investing in oil and gas drilling that pollutes water, soil and air, as well as injuring and/or killing many animals; using our rivers, lakes and oceans as dumping sites for toxic waste. Did you know that of the trillion plastic bags consumed worldwide each year—requiring millions of barrels of oil to produce—billions end up in the oceans where they kill or maim marine life?

Do we really value our way of life to such an extent that we would pit ourselves against the Earth time and time again and then ask God to give us the courage to rebuild after an earthquake or flood, so that we can open up our shops and go back to business as usual, as soon as possible? Messing things up but then praying to almighty God to come to the rescue is pitiful. To beseech God to help us defend our way of life and fight against an earthquake or a tsunami as if the Earth and the ocean were enemies that are savagely attacking innocent victims shows our disconnection to Nature on a serious level. To ask God to give us the strength to fight the Earth is not to see our place in the whole scheme of things. If a savior should come to the rescue, shouldn’t that savior be a friend to the Earth? We human beings certainly haven’t been too friendly to the Earth. We have lived our lives as if the Earth belongs to us. We even speak of Her in terms of resources available for our use. We have made little or no attempt to learn how to live in harmony with the Earth; instead we have been at war against Mother Nature for the last 10,000 years or more.

The natural disasters occurring in our world today could well be Mother Nature’s way of retaliating. Do we honestly think that she is that complacent and is going to continue to silently allow us to rape and exploit—milking her dry? She is after all a living organism with her own built-in, organic means of homeostasis and will undoubtedly do her best to balance imbalances. Earthquakes and tsunamis are natural phenomena that do not arise out of nowhere. Our biggest mistake as human beings has been to view ourselves as somehow outside of Nature—as a separate case—not of the Earth. We build densely populated cities on fault lines or on low-land river deltas, flaunting the vulnerability rooted in the inflated perception of ourselves as superior and above mere natural forces.  We build nuclear power plants, even in places that have experienced the horror of radiation first hand. We look the other way when it comes to the risks involved because it can provide a cheap source of energy right now—who cares about future contamination? We have felt we could live barricaded in a bubble of our own construction—in the form of air-conditioned high rises and/or gated palatial estates—inside watching television or surfing the internet in the safety and privacy of our own homes with limitless cell phone access. We have convinced ourselves that what we do to the Earth, what we do to animals and to each other doesn’t necessarily have to affect us. But the truth is that when we poison the water, we poison ourselves; when we spray toxic chemicals into our atmosphere, we poison ourselves. Every acre of land planted and dowsed with pesticides and herbicides affects us all. Every river, lake or ocean used as a dumping site affects us all. Every animal and plant that is genetically manipulated affects us all. Every gentle animal chained and locked up in a farm and then slaughtered in a bloody slaughterhouse affects us all. Every migrating wild bird dropping from the sky, poisoned, affects us all. Oil drilling, natural gas fracking and nuclear power plants affect us all. We are all Earthlings—our fates intertwined with all of life.

We are in the midst of a global environmental crisis that we human beings are causing primarily by our exploitation of animals and our consumption of the planet’s resources. Most of us aren’t even aware of the devastation we are causing, and those of us who have an inkling don’t really know what to do about it.

Why are these catastrophes happening in the world today? The simple answer would is human greed arising from a feeling of privilege. Greed knows no economic boundary. Rich people and poor alike can be consumed by greed. Most human beings in the world today who consider themselves poor would want to be rich—would want to have the money to buy whatever they want. When people speak of human rights they are usually referring to the right to spend money—the ability to enslave and eat animals and consume resources. The more money you have the better you are treated. People who have less or no money are treated badly by other people. Of course in our culture, animals, who have no money, are treated the worst and are either enslaved as domesticated units of productivity or if they resist and insist on living wild are being rapidly exterminated.

The human population is now 7 billion. Still, many Americans and others in more wealthy countries continue to plan on having children, rationalizing their choice by saying that they have the means/money to support those children. The real question is, “but does the planet?” A baby born in the U.S. will consume, during its lifetime, 20 times more of the world’s resources than that of a child born in India or Africa. Two percent of the world’s human population holds fifty percent of its wealth. If you look at a map of our world, you will see that the people with the highest level of income live mostly along the coasts of the US, Europe, Hong Kong, and Japan and Australia and within a few isolated patches of Saudi Arabia.

Where there are rights there have always been wrongs. Then of course there are truths, which go beyond right and wrong. “Might is Right” has been the driving force propelling most of our actions. Don’t think that Republicans who make a lot of money are the only ones who champion that slogan. It is the slogan embraced by everyone who feels that as long as they have the money to pay for it then they have the right to it. Hence, people keep lights burning in houses and apartments when they are not at home and flush whatever they want to down toilets; hence, anyone who has the money can go to a restaurant or a grocery store and buy a piece of meat or a whole fish; hence, anyone who has the money can get in a car, bus, train or plane and go wherever they want to; hence, anyone who has the money can get just about whatever they want in this world, regardless of the moral or ethical ramifications to other animals or the environment, and no one will question their right to do so.

What is happening to Japan now could happen anywhere—yes, it could happen to any of us, and the likelihood that something similar will happen is pretty certain, especially to people who live in coastal areas and where there are nuclear power plants. But horrible things are happening right now to billions of animals in factory farms and research labs, to billions of fellow Earthlings who live and breath in the oceans, which are being rapidly poisoned. The most meaningful response to the earthquake and tsunami in Japan would be for each of us to seriously examine how we are living our life today and ask ourselves how we could reduce our consumption. Could we live more simply? Real needs are not wrong; wants, on the other hand can be problematic.

Could we wake up from our ignorance and deprogram ourselves from our addictions to comfort, gluttony, entertainment and our right to buy stuff? Or is it too late? I don’t know if it’s too late, but what is our alternative? Should we all just give up and remain blissfully blind because it is too unpleasant to look at the truth of our own actions—are we too far-gone to reverse where we are heading? Okay then if you are really resigned to that kind of pessimism then—why not pull out all the stops and go to hell in a hand-basket, drinking champagne, eating steak and lobster—or what is more likely—just continue with your daily life as usual?

But if that scenario doesn’t appeal to your sensibilities, then there are other options. But those options do require not only a radical change of lifestyle, but also a more expanded perception of oneself—and that may not be for everyone. To live as an intelligent optimist during these times demands that we find ways to simplify our lives, and for that to begin to happen we have to not think of “living simply” as equated with living a deprived life. We must eradicate our notions of human rights as the right to buy stuff. If optimism is to be engendered then each of us must question the very foundation of our lives—what motivates our actions, our relationships, our dreams and aspirations. There is no denying that each one of us is a small but significant part of a larger fragile eco-system. We can daringly choose to see ourselves as a part of the whole and then act accordingly. The most courageous act that any person can do these days is to dare to care about the happiness and well being of others and to expand their vision of others to include all others—other animals as well as the whole environment; to live one’s life in such a way that enhances the lives of others. To live one’s life in such a way that one widens their perception of self, becoming so expansive as to strive to enhance the planet and even beyond, is to evolve to truly living a full life. When one can diminish their own ego and feel part of the whole, then one begins to understand their potential for holiness. It then becomes impossible to see what is happening to Japan as something isolated and apart from one’s own life. What is happening in Japan right now will most likely happen all over the planet sooner or later. We are all in this together.

As Michael Franti sings, “Everyone addicted to the same nicotine, everyone addicted to the same gasoline…everyone addicted to a technicolor screen, everybody tryin’ to get their hands on the same green…” The question now that each one of us should be asking ourselves is can we free ourselves of our addictions—addictions to all the stuff that has come to constitute our precious lifestyle, a way of life that poses terrible risks to the future of life on Earth. Can we live without things like shopping malls, cars, planes, nuclear power plants, oil drilling, fast food and factory farms? Do we have the courage and creativity to find a new way to live that doesn’t destroy the planet and ourselves in the process? Can we be that truthful, that exposed? Can we live that naked? The times we are living in now may well be the prophesized apocalypse. Apocalypse means “to uncover. ” An apocalypse may be just what we need right now to help reveal to us our great potential—what is underneath all the artifice, the trappings and pretense that make us appear as apart from nature and special. If we could use the recent so-called catastrophes as a way to wake up and examine our way of life and thus begin to sort through and find only what is essential and then be brave enough to let go of all of the unnecessary wants we have conditioned ourselves to identify with. Are we ready for that kind of fierce awakening to the knowledge of our true selves? Would we be able to recognize ourselves, naked without the familiar trappings of culture, without our addictions to all the stuff? Perhaps if we were willing to try to overcome our greed, we could discover our ultimate destiny. As Patanjali suggests, when one becomes selfless, ceasing to take more than one needs, one obtains knowledge of why one was born. aparigraha-sthairye janma-kathamta-sambodhah PYSII.39

The eternal truth that burns inside of each soul is joy, happiness, love. It is our essential nature, it is what everyone longs for, and it is our destiny. We may have been looking for it in external things, but it can never be found in things. It has always been available to anyone who wants to look deeply inside, but to be able to do that we will have to take off our clothes and let go of whatever it is that has been covering and obscuring our true heart for so long. We will have to embrace the Apocalypse.

With blessings and prayers for all the people of Japan, human and animal alike, and for the alleviation of suffering for all beings everywhere…

Sharon Gannon

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